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L'Union européenne récompense trois journalistes lauréats du Prix Samir Kassir 2019

Le 30 mai 2019, la délégation de l'Union européenne au Liban a tenu pour la 14e fois la cérémonie de remise du Prix Samir Kassir pour la liberté de la presse aux jardins du palais Sursock à Beyrouth récompensant deux journalistes syriens et un journaliste marocain dans les trois catégories. Ce prix est l'événement phare annuel de la liberté de la presse au Liban et l'un des prix de journalisme les plus prestigieux dans les régions MENA et du Golfe.

La cérémonie a été organisée en association avec la Fondation Samir Kassir au Liban, reconnaissant le travail de journalistes de la région MENA et des pays du Golfe dans les catégories suivantes: articles d’opinion (76 entrées), articles d’investigation (113 entrées) et reportages audiovisuels (44 entrées). Le prix attribué au gagnant dans chacune des trois catégories est de 10 000 €.

Organisé chaque année depuis 2006, le Prix Samir Kassir pour la liberté de la presse honore la mémoire du journaliste libanais Samir Kassir, assassiné le 2 juin 2005 à Beyrouth. Ce prix, financé par l'Union européenne, récompense les journalistes qui se sont distingués par la qualité de leur travail et par leur engagement en faveur des droits de l'homme et de la démocratie. Cette année, 233 journalistes ont participé au concours: Algérie, Bahreïn, Égypte, Irak, Jordanie, Liban, Libye, Maroc, Palestine, Syrie, Tunisie et Yémen.

Les gagnants du prix 2019 sont:

 - Catégorie article d’opinion : Roger Asfar (Syrie), né en 1983, écrivain et expert en dialogue interreligieux basé à Beyrouth. Son article intitulé « Captain Majed ou le père commandant » a été publié dans le journal Al-Hayat le 14 mai 2018 et souligne la nécessité de rompre avec le concept de héros afin de construire une société démocratique en Syrie.

 - Catégorie article d'investigation : Ali Al-Ibrahim (Syrie), né en 1988, est un journaliste d’investigation basé à Stockholm. Son rapport intitulé « Forger la mort : le régime syrien dissimule ses crimes de guerre » a été publié par VICE Arabia le 9 décembre 2018 et met en lumière la divergence entre les causes officielles de la mort des prisonniers dans les prisons syriennes et les causes plus probables présumées par les familles et les étrangers.

- Catégorie reportage audiovisuel d'information : Youssef Ziraoui (Maroc), né en 1979, directeur général de la web TV JawJab. Son reportage intitulé «Bouchra: une femme» a été diffusé sur Jawjab TV le 8 mars 2019. Il décrit une conductrice de bus courageuse et les défis auxquels elle est confrontée quotidiennement. Le reportage est co-produit par Younes Lazrak qui était présent à la remise des prix.

L'Union européenne se bat pour la liberté d'expression et appelle à mettre fin à l'impunité pour les crimes commis contre les journalistes. L'ambassadeur de l'Union européenne au Liban  Christina Lassen, a déclaré: « Grâce à ce prix, nous reconnaissons les journalistes qui consacrent chaque jour leur vie au journalisme d'investigation et de qualité. Nous savons bien que certains d'entre eux le font à grands frais, parfois avec d'immenses sacrifices ». Ajoutant, « dans de nombreux pays où la liberté d'expression et la liberté de la presse sont fortement dégradées, nous continuons à défendre des médias indépendants et à promouvoir des lois et des pratiques protégeant la liberté d'opinion et d'expression ».

Gisèle Khoury, présidente de la Fondation Samir Kassir, a déclaré que « l'obstacle majeur à la liberté d'expression est politique ; il réside dans des autorités qui ne veulent pas être démocratiques, qui manquent de vision et qui ne sont pas prêtes à embrasser la modernité ». « Nous poursuivons notre mission contre toute attente, confirmant le rôle de Beyrouth dans la promotion et la protection des journalistes libres de toute la région », a-t-elle confirmé.

Comme les années précédentes, un jury indépendant a sélectionné les gagnants. Il comprenait sept professionnels des médias et des défenseurs des droits de l'homme de l'Europe et du Moyen-Orient: Fadi El-Abdallah (Liban), porte-parole de la Cour pénale internationale et représentant de la Fondation Samir Kassir au sein du jury ; Ammar Abd Rabbo (Syrie) écrivain et photographe ; Baria Alamuddin (Liban), éditorialiste et commentatrice politique ; Sofia Amara (Maroc), écrivaine primée, journaliste de guerre et documentariste ; Thanassis Cambanis (Grèce), éditorialiste au Boston Globe et membre de la Century Foundation ; Alessio Romenzi (Italie), photojournaliste, lauréat du prix World Press Photo ; et Biljana Tatomir (Croatie), consultante internationale en développement des médias.

La cérémonie a été animée par la journaliste Nicole Hajal.

Samir Kassir

Samir Kassir

Le parcours professionnel et intellectuel

Samir Kassir est né le 4 mai 1960 d’un père libano-palestinien et d’une mère libano-syrienne. Il a vécu dans le quartier d’Achrafieh à Beyrouth et a étudié au Lycée Français, avant de s’installer à Paris en 1981, six ans après le déclenchement de la guerre libanaise, pour poursuivre ses études universitaires. Il décroche en 1984 son Diplôme d’Etudes Approfondies en philosophie politique de l’Université Paris I – Sorbonne, puis, en 1990, un doctorat en histoire contemporaine de l’Université Paris IV.

Lors de son séjour parisien, Samir a publié de nombreux articles dans Al-Hayat et L’Orient-Le Jour. Il a également écrit pour Le Monde Diplomatique et avait des contributions régulières dans Le Septième Jour et l’édition française de la Revue d’Etudes Palestiniennes.

En 1992, en collaboration avec son ami l’historien et l’éditeur syrien Farouk Mardam Bey, il publie « Itinéraires de Paris à Jérusalem », un ouvrage en français en deux tomes, qui relate l’histoire des politiques françaises au Machrek arabe, en particulier à l’égard de la Nakba palestinienne et du conflit israélo-arabe. Un an après la publication de ce livre, Samir est rentré à Beyrouth pour enseigner à l’Institut des Sciences Politiques de l’Université Saint-Joseph et rejoindre la rédaction du journal An-Nahar, comme éditorialiste et directeur de sa maison d’édition.

En 1994, Samir publie son second livre en langue française, « La guerre du Liban », basé sur sa thèse de doctorat, et analysant les dynamiques du conflit et l’imbrication des éléments intérieurs et extérieurs entre 1975 et 1982. Le livre a été traduit en langue arabe en 2008.

En 1995, Samir lance le mensuel francophone L’Orient-Express, qui s’est rapidement imposé comme le principal périodique culturel libanais. La publication s’est arrêtée en 1998 pour des raisons financières. A la même époque, il fonde la maison d’édition Al-Layali qui publie plusieurs recueils d’articles initialement parus dans L’Orient-Express, puis des catalogues d’affiches publicitaires de l’époque coloniale consacrés à des villes et lieux de villégiature méditerranéens et aux films égyptiens qui ont marqué les années 1960 et 1970.

Quant aux articles de Samir Kassir et ses éditoriaux du An-Nahar à la fin des années 1990 et au début des années 2000, ils sont considérés comme les principaux écrits opposés à la mainmise syrienne sur le Liban et le règne du président Emile Lahoud et des services de sécurité. Ils ont même pousse le Général Jamil Sayed, alors directeur général de la Sûreté Générale, et le principal pilier du système sécuritaire, à le menacer au téléphone et à le faire suivre dans ses déplacements, allant même jusqu’à confisquer son passeport à l’Aéroport international de Beyrouth en avril 2001, avant de le lui remettre suite à la levée de bouclier politique et culturelle.

En 2003, Samir publie son troisième livre en langue française « Histoire de Beyrouth » (traduit en arabe en 2007 et en anglais en 2011), qui relate l’histoire de la ville, ses familles, sa culture, son économie et son développement urbanistique et social, et décrit sa relation avec les autres régions libanaises et les grandes villes arabes et méditerranéennes. Suite à ce livre charnière de son parcours intellectuel, Samir publie en 2004 deux livres en arabe « La démocratie de la Syrie et l’indépendance du Liban » et « Askar Ala Min », regroupant une série de ses articles du An-Nahar, et consacrés d’une part au lien entre la transition démocratique en Syrie et l’indépendance du Liban et d’autre part à la contradiction entre les principes de liberté et les valeurs de la république avec la mainmise des militaires sur le pouvoir.

Samir a ensuite publié, en français, « Considérations sur le malheur arabe » (traduit en une dizaine de langues), analysant en profondeur les raisons de l’échec de la renaissance arabe de la fin du XIXe siècle, et refusant les écritures simplificatrices de l’histoire condamnant les arabes au déclin, pour prouver ensuite que leur malheur actuel est dû à la géographie plutôt qu’à leur histoire.

La Fondation Samir Kassir

Samir Kassir, journaliste et écrivain, a été assassiné le 2 juin 2005 à Beyrouth, par l’explosion d’une bombe placée sous sa voiture. Sa mort tragique s’est inscrite dans le cadre des tentatives répétées de museler les libres penseurs libanais, afin de mettre fin à l’Intifada de l’Indépendance et d’empêcher la propagation du vent de liberté né à Beyrouth.

Samir Kassir l’historien est ainsi entré dans l’histoire de Beyrouth. Ne se contentant pas de relater l’histoire de la ville, il y a également contribué.

Le modèle de renaissance intellectuelle incarné par Samir Kassir de son vivant et par sa mort, à travers ses articles et ses recherches académiques, le place à l’avant-garde des intellectuels libanais et arabes qui ont combattu la tyrannie et milité pour la liberté et l’indépendance de leur pays. Il a ainsi intégré le panthéon des martyrs du verbe.

Attachés à la mission de vie que représentait Samir Kassir et à la nécessité de renouveler la culture arabe à travers la libre expression des journalistes et des artistes, des intellectuels et des amis de Samir Kassir ont créé la Fondation Samir Kassir, officiellement inscrite à Beyrouth sous le numéro de registre 30/A.D. daté du 1er février 2006.

La Fondation Samir Kassir est une association à but non lucratif, œuvrant au sein de la société civile et dans les cercles culturels, pour diffuser la culture démocratique au Liban et dans le monde arabe, encourager les nouveaux talents de la presse libre et construire un mouvement en faveur du renouveau culturel, démocratique et laïc, le seul capable de sortir les peuples arabes de leur malheur.

La mission de la Fondation Samir Kassir s’article autour de trois axes complémentaires:

  • Le premier axe : la préservation de l’héritage littéraire, académique et journalistique de Samir Kassir, sa traduction et sa diffusion.
  • Le second axe : la lutte pour la liberté culturelle, en soutenant la libre pensée, à travers l’organisation de conférences, de séminaires spécialisée et des festivals artistiques ouvrant l’accès aux cultures internationales à toutes les catégories sociales.
  • Le troisième axe : la défense de la liberté de la presse, à travers un programme de veille recensant toutes les violations commises à l’encontre des journalistes et des professionnels des médias, le soutien juridique aux journalistes persécutés et le renforcement des compétences des professionnels des médias. Cet axe comprend également la création de récompenses spéciales au nom de Samir Kassir, décernées aux jeunes journalistes.

L’action de la Fondation n’est pas limitée à ces trois axes. Ces derniers en dessinent les contours, non seulement pour honorer la mémoire de Samir Kassir, mais également pour poursuivre son œuvre en faveur de la liberté et de la renaissance ; ces deux objectifs pour lesquels Samir Kassir a donné sa vie.

Le parcours politique

Au début de l’année 2003, Samir Kassir a contribué à la création du Mouvement de la Gauche Démocratique et a été élu membre de son bureau exécutif lors de son congrès fondateur en octobre 2004. Ses écrits ont irrigué la rhétorique du Mouvement et ses positions à l’égard de l’indépendance du Liban vis-à-vis de l’hégémonie du Parti Baas syrien, la transition pacifique, la laïcité, la justice sociale et la construction de l’Etat de droit.

Après l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri le 14 février 2005, Samir a participé activement au lancement du soulèvement populaire contre la mainmise des services de renseignement syriens sur le Liban. Il lui donne son nom d’« Intifada de l’Indépendance », afin de mettre son exergue sa nature patriotique et indépendantiste, tout en faisant allusion à l’Intifada palestinienne de 1987 contre l’occupation israélienne. Ses articles du An-Nahar sont alors devenus la voix la plus claire et nette de cette Intifada, parallèlement à sa présence continue à la Place des Martyrs de Beyrouth, discutant avec les politiques, les journalistes et les étudiants, d’idées et de propositions pour assurer la victoire de la bataille pour recouvrer la souveraineté et la liberté.

Samir Kassir a sans doute été le premier à avertir que l’Intifada ne pourra pas perdurer en l’absence d’un programme politique pour réformer le système politique libanais et les grandes directions économiques, envisager une sortie du système confessionnel et assurer une réconciliation politique effective, après le retrait syrien. Il a également été le premier à appeler à une « Intifada dans l’Intifada » pour restaurer le dynamisme de la rue, la noblesse de l’action politique et la clarté des positions politiques. En parallèle, Samir Kassir s’est opposé à toute forme de racisme libanais contre le peuple syrien en général, et a continuellement demandé aux Libanais, dans ses articles et ses discours de la Place des Martyrs, à distinguer d’une part entre le régime syrien et ses services de renseignement contrôlant aussi bien la Syrie que le Liban, et le peuple syrien, ses ouvriers et ses intellectuels d’autre part.

Règlement

Règlement

Règlement

Le prix Samir Kassir est décerné et entièrement financé par l'Union européenne. Le concours est ouvert, conformément aux règles de l'Union européenne, aux journalistes de la presse écrite (quotidienne, hebdomadaire, mensuelle, imprimée ou en ligne) ou audiovisuelle (chaînes de télévision, boîtes de production, télévision en ligne), sans limite d’âge, ressortissants des pays suivants : Algérie, Arabie Saoudite, Bahreïn, Egypte, Emirats Arabes Unis, Irak, Israël, Jordanie, Koweït, Liban, Libye, Maroc, Oman, Qatar, Syrie, Territoires palestiniens occupés, Tunisie et Yémen.

Les candidats doivent soumettre un article d’opinion ou un article d’investigation ou un reportage d'information audiovisuel sur un sujet traitant de l’Etat de droit, les droits de l’homme, la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption, la liberté d’expression, le développement démocratique et la participation citoyenne.

L’article soumis au concours doit avoir été publié dans un organe de presse d’un des pays cités ci-dessus ou d’un des Etats membres de l’Union européenne (Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Chypre, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Slovaquie, Slovénie et Suède). L’article ne doit pas dépasser les 25 000 signes. Il doit avoir été publié entre le 15 mars 2018 et le 15 mars 2019.

Le reportage audiovisuel d'information doit avoir été diffusé sur une chaîne de télévision hertzienne, numérique ou en ligne, dans un des pays cités ci-dessus ou un des pays membres de l’Union européenne. Le reportage ne doit pas dépasser les 7 minutes. Il doit avoir été diffusé ou mis en ligne entre le 15 mars 2018 et le 15 mars 2019.

Chaque dossier de candidature ne peut appartenir qu’à une seule des trois catégories. Les candidats aux catégories « article d’opinion » et « article d’investigation » ne peuvent concourir qu’à titre individuel. Les candidats à la catégorie « reportage audiovisuel » doivent être les producteurs ou les réalisateurs du reportage, et peuvent concourir individuellement ou bien en binôme (producteur et réalisateur).

Le gagnant de chacune des trois catégories remportera un prix d’un montant de 10 000 €.

L’Union européenne se réserve le droit de reproduire et diffuser les articles et le reportage primés dans ses propres publications et sites internet (non commerciaux) et dans les publications imprimées et en ligne relatives au « Prix Samir Kassir pour la liberté de la presse ».

La sélection sera effectuée par un jury composé de journalistes et de professionnels des médias des Etats membres et des pays indiqués ci-dessus.

Les membres du jury, le personnel de l’Union européenne, le personnel et les membres de la Fondation Samir Kassir sont exclus du concours.

Inscription

Inscription

Pour déposer leurs candidature hors ligne, les candidats devront remettre un dossier contenant les éléments suivants :
  1. Le formulaire de candidature doit être téléchargé, rempli, signé et renvoyé (télécharger).
  2. L’intégralité de l’article publié en version originale, et une version traduite en anglais (une traduction sur Google Translate ou toute autre traduction automatique sera refusée).
  3. Une preuve de la publication (Copie originale ou photocopie de l’article publié, ou une lettre prouvant l’authenticité de la publication, signée par le responsable de publication ou son représentant)
  4. Un CV
Trois prix seront décernés :
  • Meilleur article d’opinion
  • Meilleur article d’investigation
  • Meilleur reportage d'information audiovisuel
Le dossier complet doit être envoyé au plus tard le 10 avril 2019:
  • Par courrier électronique (sous format Word pour les articles, WMV ou MP4 pour les vidéos) à l’adresse suivante : coordination@prixsamirkassir.org, ou
  • Par courrier postal (copie papier, ou CD-ROM, ou DVD) dans une enveloppe portant les mentions : « Prix Samir Kassir pour la liberté de la presse » - et « Catégorie article d’opinion » ou « Catégorie article d’investigation » ou « Catégorie reportage audiovisuel », envoyé à l’adresse suivante :
    - Délégation de l’Union européenne au Liban: 
BP11-4008, Riad El-Solh, LIBAN

Tout dossier incomplet ou non signé ne pourra être considéré comme recevable.

Gagnants

Gagnants

2019

Roger Asfar
Article
Ali Al-Ibrahim
Article
Youssef Ziraoui
Regarder la vidéo


2018

Miloud Yabrir
Biographie | Article
Asmaa Shalaby
Biographie | Article
Asaad Zalzali
Biographie | Regarder la vidéo


2017

Issa Ali Khodr
Biographie | Article
Ghada El-Sharif
Biographie | Article
Asaad Zalzali
Biographie | Regarder la vidéo


2016

Maher Massoud
Biographie | Article
Mohammad Tarek
Biographie | Article
Matar Ismail
Biographie


2015

Ayman Al-Ahmad
Biographie | Article
Hesham Mannaa
Biographie | Article
Mohammad Nour Ahmad (Abo Gabi)
Biographie


2014

Orwa Mokdad
Biographie
Hanene Zbiss
Biographie | Article
Mohamed Abo El-Gheit
Biographie | Article


2013

Ahmed Abu Draa
Biographie | Article
Doha Hassan
Biographie | Article


2012

Pakinam Amer
Biographie | Article
Suleiman al-Khalidi
Biographie | Article


2011

Ethar El-Katatney
Biographie | Article
Habib Battah
Biographie | Article


2010

Safaa Saleh
Biographie | Article
Mustafa Fetouri
Biographie | Article


2009

Carole Kerbage
Biographie
Mona Eltahawy
Biographie | Article


2008

Marwan Harb
Biographie
Naela Khalil
Biographie | Article


2007

Ahmed Reda Benchemsi
Biographie
Rita Chémaly
Biographie


2006

Dina Abdel Mooty Darwish
Biographie | Article
Habib Battah
Biographie | Article


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EMAIL : coordination@prixsamirkassir.org
TEL : +32 496 129 539

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