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Des journalistes du Liban, de Palestine, de Syrie et d’Irak lauréats de l’édition 2026 du Prix Samir Kassir

Le 21 septembre 2026, la Délégation de l’Union européenne au Liban et la Fondation Samir Kassir ont annoncé les résultats de la 21e édition du Prix Samir Kassir pour la liberté de la presse, lors d’une cérémonie organisée dans les jardins du Palais Sursock, à Beyrouth. Créé et financé par l’Union européenne, ce prix est reconnu à l’échelle internationale comme une distinction majeure en matière de liberté de la presse et comme la récompense journalistique la plus prestigieuse au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et dans le Golfe. Depuis 2006, la cérémonie se tient chaque année pour commémorer l’assassinat du journaliste libanais Samir Kassir, le 2 juin 2005 à Beyrouth, et célébrer sa vie, ses valeurs et son combat intellectuel et professionnel.

Le Prix Samir Kassir est ouvert aux journalistes professionnels originaires de 18 pays d’Afrique du Nord, du Moyen-Orient et du Golfe. Cette année, 300 journalistes ont participé au concours, en provenance d’Algérie, d’Égypte, d’Irak, de Jordanie, du Liban, de Libye, du Maroc, de Palestine, de Syrie, de Tunisie et du Yémen. Les candidatures se répartissent entre 66 articles d’opinion, 194 articles d’investigation et 40 reportages audiovisuels d’information. Le lauréat de chaque catégorie reçoit une récompense de 10 000 €, tandis que chaque finaliste reçoit 1 000 €.

Les lauréats du Prix Samir Kassir 2026 sont :

  • Catégorie Article d’opinion (lauréat ex æquo) : Ahmad Al-Agha (Palestine), né en 1989, pour son article intitulé « La tente », publié sur Raseef22 le 23 février 2026. À travers l’expérience du déplacement forcé à Gaza, l’article montre comment un foyer est devenu une tente identifiée par un numéro pour la distribution de l’aide et comment le déplacement prolongé a privé les Palestiniens de stabilité, d’intimité et du sentiment d’appartenance.
  • Catégorie Article d’opinion (lauréate ex æquo) : Fatima Ahmad (Syrie), née en 1988, pour son article intitulé « Graines de haine, moisson de blessures », publié sur Sot-Sy le 8 octobre 2025. L’article examine comment la langue et les identités multiples deviennent des prétextes à l’accusation de trahison et à l’exclusion. Il met en garde contre la perpétuation des discours de haine pendant la transition politique en Syrie et appelle à une éducation au respect de la diversité et au dialogue pour protéger le pluralisme et la paix civile.
  • Catégorie Article d’investigation (lauréate ex æquo) : Mariya Talal Al-Samarrai (Irak), née en 2003, pour son enquête intitulée « Ne buvez pas d’eau avant de sortir… À la recherche de toilettes pour femmes en Irak », publiée sur Jummar le 20 novembre 2025. À travers les témoignages d’Irakiennes dans les écoles, les universités et les lieux de travail, l’enquête montre comment l’absence de toilettes sûres et propres les prive de droits élémentaires à la santé, à l’intimité et à la dignité, et restreint leurs possibilités d’étudier et de travailler dans une société dont les infrastructures et les mentalités négligent leurs besoins.
  • Catégorie Article d’investigation (lauréats ex æquo) : Ali Al-Ibrahim, né en 1988, et Mais Katt, née en 1980 (Syrie), pour leur enquête intitulée « Les enfants volés de Syrie », publiée le 11 septembre 2025 par l’Unité syrienne de journalisme d’investigation (SIRAJ), en collaboration avec Lighthouse Reports, The Observer, BBC Eye, Der Spiegel, Trouw, Women Who Won the War, Sowt et Al-Jumhuriya. L’enquête révèle comment le régime d’Assad a dissimulé des centaines d’enfants de détenus dans des foyers d’accueil, avec la participation d’institutions publiques et la complicité ou l’inaction d’organisations internationales de protection de l’enfance, alors que le sort de nombre de ces enfants demeure inconnu. Ali Al-Ibrahim reçoit le Prix Samir Kassir pour la deuxième fois, après une première victoire en 2019.
  • Catégorie Reportage audiovisuel d’information : Antoni Barakat (Liban), né en 1998, pour son reportage intitulé « Les deux prisons de Roumieh », diffusé sur Naqd Media le 31 août 2025. Ce reportage dévoile les inégalités de classe, la corruption et les privilèges qui façonnent la vie dans la prison de Roumieh, au Liban, ainsi que les dangers liés à la présence d’un quartier pour mineurs au sein d’un établissement pénitentiaire pour adultes. Antoni Barakat a également remporté le Prix des étudiants, une distinction spéciale décernée par un jury d’étudiants en journalisme et en communication issus d’universités libanaises.

Lors de la cérémonie, l’ambassadrice de l’Union européenne au Liban, Sandra De Waele, a déclaré : « Depuis vingt et un ans, le Prix Samir Kassir témoigne de l’engagement constant de l’Union européenne en faveur de la liberté de la presse. Un engagement qui va bien au-delà des frontières de l’Europe et que nous portons avec la même conviction ici, dans cette région, comme partout dans le monde. Parce que la liberté de la presse est essentielle. Elle permet aux citoyens d’être informés, de comprendre les décisions prises en leur nom et de demander des comptes à ceux qui exercent le pouvoir. Elle est l’un des fondements de toute société libre et démocratique. »

Malek Mrowa, président de la Fondation Samir Kassir, a ajouté : « Les journalistes de cette région ont besoin d’un espace qui mette leur travail en lumière, protège leurs valeurs professionnelles et permette à leurs récits de franchir les frontières. Ce prix a créé l’occasion d’une rencontre annuelle qui va au-delà de la remise des distinctions. Il est devenu un rendez-vous pour un journalisme qui fait de la liberté une identité commune, de la rigueur une prise de position et de l’indépendance une condition de la confiance. »

Un jury indépendant composé de sept membres issus de pays arabes et d’États membres de l’Union européenne a sélectionné les lauréats. Le jury de cette année comprenait Alex Rowell (Royaume-Uni), auteur et rédacteur au magazine New Lines et représentant de la Fondation Samir Kassir au sein du jury ; Hanene Zbiss (Tunisie), journaliste d’investigation, vice-présidente du Conseil de la presse tunisien et lauréate du Prix Samir Kassir pour la liberté de la presse en 2014 ; Daisy Mohr (Pays-Bas), correspondante au Moyen-Orient pour le radiodiffuseur public néerlandais NOS ; Aida Al-Kaisy (Irak), fondatrice et rédactrice en chef de la plateforme irakienne Jummar ; Farea Al-Muslimi (Yémen), chercheur associé à Chatham House et fondateur du Centre de Sanaa pour les études stratégiques ; Monika Borgmann (Allemagne), cinéaste et directrice d’UMAM ; et Nabil Wakim (France), journaliste au Monde.

Pour plus d’informations sur l’édition 2026 du Prix Samir Kassir pour la liberté de la presse, les articles et le reportage primés, ainsi que les biographies et les œuvres des lauréats des années précédentes, veuillez consulter le site : www.samirkassiraward.org

La cérémonie a été retransmise en direct sur la chaîne Lebanese Broadcasting Corporation International (LBCI) et suivie par des milliers de personnes à travers la région sur le réseau local de LBCI, ses chaînes satellitaires dans le monde et les comptes du Prix Samir Kassir sur les réseaux sociaux. La cérémonie a été présentée par la journaliste Petra Abou Haidar.


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Samir Kassir

Le parcours professionnel et intellectuel

Samir Kassir est né le 4 mai 1960 d’un père libano-palestinien et d’une mère libano-syrienne. Il a vécu dans le quartier d’Achrafieh à Beyrouth et a étudié au Lycée Français, avant de s’installer à Paris en 1981, six ans après le déclenchement de la guerre libanaise, pour poursuivre ses études universitaires. Il décroche en 1984 son Diplôme d’Etudes Approfondies en philosophie politique de l’Université Paris I – Sorbonne, puis, en 1990, un doctorat en histoire contemporaine de l’Université Paris IV.

Lors de son séjour parisien, Samir a publié de nombreux articles dans Al-Hayat et L’Orient-Le Jour. Il a également écrit pour Le Monde Diplomatique et avait des contributions régulières dans Le Septième Jour et l’édition française de la Revue d’Etudes Palestiniennes.

En 1992, en collaboration avec son ami l’historien et l’éditeur syrien Farouk Mardam Bey, il publie « Itinéraires de Paris à Jérusalem », un ouvrage en français en deux tomes, qui relate l’histoire des politiques françaises au Machrek arabe, en particulier à l’égard de la Nakba palestinienne et du conflit israélo-arabe. Un an après la publication de ce livre, Samir est rentré à Beyrouth pour enseigner à l’Institut des Sciences Politiques de l’Université Saint-Joseph et rejoindre la rédaction du journal An-Nahar, comme éditorialiste et directeur de sa maison d’édition.

En 1994, Samir publie son second livre en langue française, « La guerre du Liban », basé sur sa thèse de doctorat, et analysant les dynamiques du conflit et l’imbrication des éléments intérieurs et extérieurs entre 1975 et 1982. Le livre a été traduit en langue arabe en 2008.

En 1995, Samir lance le mensuel francophone L’Orient-Express, qui s’est rapidement imposé comme le principal périodique culturel libanais. La publication s’est arrêtée en 1998 pour des raisons financières. A la même époque, il fonde la maison d’édition Al-Layali qui publie plusieurs recueils d’articles initialement parus dans L’Orient-Express, puis des catalogues d’affiches publicitaires de l’époque coloniale consacrés à des villes et lieux de villégiature méditerranéens et aux films égyptiens qui ont marqué les années 1960 et 1970.

Quant aux articles de Samir Kassir et ses éditoriaux du An-Nahar à la fin des années 1990 et au début des années 2000, ils sont considérés comme les principaux écrits opposés à la mainmise syrienne sur le Liban et le règne du président Emile Lahoud et des services de sécurité. Ils ont même pousse le Général Jamil Sayed, alors directeur général de la Sûreté Générale, et le principal pilier du système sécuritaire, à le menacer au téléphone et à le faire suivre dans ses déplacements, allant même jusqu’à confisquer son passeport à l’Aéroport international de Beyrouth en avril 2001, avant de le lui remettre suite à la levée de bouclier politique et culturelle.

En 2003, Samir publie son troisième livre en langue française « Histoire de Beyrouth » (traduit en arabe en 2007 et en anglais en 2011), qui relate l’histoire de la ville, ses familles, sa culture, son économie et son développement urbanistique et social, et décrit sa relation avec les autres régions libanaises et les grandes villes arabes et méditerranéennes. Suite à ce livre charnière de son parcours intellectuel, Samir publie en 2004 deux livres en arabe « La démocratie de la Syrie et l’indépendance du Liban » et « Askar Ala Min », regroupant une série de ses articles du An-Nahar, et consacrés d’une part au lien entre la transition démocratique en Syrie et l’indépendance du Liban et d’autre part à la contradiction entre les principes de liberté et les valeurs de la république avec la mainmise des militaires sur le pouvoir.

Samir a ensuite publié, en français, « Considérations sur le malheur arabe » (traduit en une dizaine de langues), analysant en profondeur les raisons de l’échec de la renaissance arabe de la fin du XIXe siècle, et refusant les écritures simplificatrices de l’histoire condamnant les arabes au déclin, pour prouver ensuite que leur malheur actuel est dû à la géographie plutôt qu’à leur histoire.

Le parcours politique

Au début de l’année 2003, Samir Kassir a contribué à la création du Mouvement de la Gauche Démocratique et a été élu membre de son bureau exécutif lors de son congrès fondateur en octobre 2004. Ses écrits ont irrigué la rhétorique du Mouvement et ses positions à l’égard de l’indépendance du Liban vis-à-vis de l’hégémonie du Parti Baas syrien, la transition pacifique, la laïcité, la justice sociale et la construction de l’Etat de droit.

Après l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri le 14 février 2005, Samir a participé activement au lancement du soulèvement populaire contre la mainmise des services de renseignement syriens sur le Liban. Il lui donne son nom d’« Intifada de l’Indépendance », afin de mettre son exergue sa nature patriotique et indépendantiste, tout en faisant allusion à l’Intifada palestinienne de 1987 contre l’occupation israélienne. Ses articles du An-Nahar sont alors devenus la voix la plus claire et nette de cette Intifada, parallèlement à sa présence continue à la Place des Martyrs de Beyrouth, discutant avec les politiques, les journalistes et les étudiants, d’idées et de propositions pour assurer la victoire de la bataille pour recouvrer la souveraineté et la liberté.

Samir Kassir a sans doute été le premier à avertir que l’Intifada ne pourra pas perdurer en l’absence d’un programme politique pour réformer le système politique libanais et les grandes directions économiques, envisager une sortie du système confessionnel et assurer une réconciliation politique effective, après le retrait syrien. Il a également été le premier à appeler à une « Intifada dans l’Intifada » pour restaurer le dynamisme de la rue, la noblesse de l’action politique et la clarté des positions politiques. En parallèle, Samir Kassir s’est opposé à toute forme de racisme libanais contre le peuple syrien en général, et a continuellement demandé aux Libanais, dans ses articles et ses discours de la Place des Martyrs, à distinguer d’une part entre le régime syrien et ses services de renseignement contrôlant aussi bien la Syrie que le Liban, et le peuple syrien, ses ouvriers et ses intellectuels d’autre part.

La Fondation Samir Kassir

Samir Kassir, journaliste et écrivain, a été assassiné le 2 juin 2005 à Beyrouth, par l’explosion d’une bombe placée sous sa voiture. Sa mort tragique s’est inscrite dans le cadre des tentatives répétées de museler les libres penseurs libanais, afin de mettre fin à l’Intifada de l’Indépendance et d’empêcher la propagation du vent de liberté né à Beyrouth.

 

Samir Kassir l’historien est ainsi entré dans l’histoire de Beyrouth. Ne se contentant pas de relater l’histoire de la ville, il y a également contribué.

 

Le modèle de renaissance intellectuelle incarné par Samir Kassir de son vivant et par sa mort, à travers ses articles et ses recherches académiques, le place à l’avant-garde des intellectuels libanais et arabes qui ont combattu la tyrannie et milité pour la liberté et l’indépendance de leur pays. Il a ainsi intégré le panthéon des martyrs du verbe.

 

Attachés à la mission de vie que représentait Samir Kassir et à la nécessité de renouveler la culture arabe à travers la libre expression des journalistes et des artistes, des intellectuels et des amis de Samir Kassir ont créé la Fondation Samir Kassir, officiellement inscrite à Beyrouth sous le numéro de registre 30/A.D. daté du 1er février 2006.

 

La Fondation Samir Kassir est une association à but non lucratif, œuvrant au sein de la société civile et dans les cercles culturels, pour diffuser la culture démocratique au Liban et dans le monde arabe, encourager les nouveaux talents de la presse libre et construire un mouvement en faveur du renouveau culturel, démocratique et laïc, le seul capable de sortir les peuples arabes de leur malheur.

 

La mission de la Fondation Samir Kassir s’article autour de trois axes complémentaires:

  • Le premier axe: la préservation de l’héritage littéraire, académique et journalistique de Samir Kassir, sa traduction et sa diffusion.
  • Le second axe: la lutte pour la liberté culturelle, en soutenant la libre pensée, à travers l’organisation de conférences, de séminaires spécialisée et des festivals artistiques ouvrant l’accès aux cultures internationales à toutes les catégories sociales.
  • Le troisième axe: la défense de la liberté de la presse, à travers un programme de veille recensant toutes les violations commises à l’encontre des journalistes et des professionnels des médias, le soutien juridique aux journalistes persécutés et le renforcement des compétences des professionnels des médias. Cet axe comprend également la création de récompenses spéciales au nom de Samir Kassir, décernées aux jeunes journalistes.

 

L’action de la Fondation n’est pas limitée à ces trois axes. Ces derniers en dessinent les contours, non seulement pour honorer la mémoire de Samir Kassir, mais également pour poursuivre son œuvre en faveur de la liberté et de la renaissance ; ces deux objectifs pour lesquels Samir Kassir a donné sa vie.

Aperçu historique

L’histoire du Prix Samir Kassir pour la liberté de la presse débute le 7 octobre 2005, quand la Commission européenne annonça la création de cette récompense de l’Union européenne lors d’une conférence de presse tenue à Beyrouth.

« Il est temps de réaliser et d’admettre que la liberté d’expression n’est pas un détail de la coopération avec l’Europe ni une option du dialogue. Il s’agit d’un droit inaliénable, d’un principe non négociable ». C’est par ces mots que le chef de la délégation de l’Union européenne au Liban de l’époque, l’ambassadeur Patrick Renauld, avait établi la raison d’être de cette récompense. Le Prix Samir Kassir a été créé par l’Union européenne pour rendre hommage aux journalistes du Moyen Orient, d’Afrique du Nord et du Golfe engagés dans la couverture des sujets liés aux droits de l’homme, à la bonne gouvernance, l’Etat de droit, la lutte contre la corruption, la liberté d’expression, le développement démocratique et la participation citoyenne.

Cette initiative de l’Union européenne a été soutenue et encouragée par les amis de Samir Kassir qui, le 1er février 2006, lanceront officiellement la Fondation Samir Kassir. Le Prix entend « légitimer la liberté de pensée et encourager la liberté de la presse dans les pays ayant souscrit au Partenariat euro-méditerranéen, pour marquer leur rejet de la violence, l’intimidation, la menace et toutes les tentatives répétées et constantes de verrouiller la liberté d’expression ».

Le Prix a été décerné la première fois le 2 juin 2006, date de commémoration de l’assassinat de Samir Kassir. Lors de cette première édition, deux récompenses ont été attribuées, à deux journalistes. En 2007 et 2008, le Prix Samir Kassir couvrait deux catégories : le meilleur article et le meilleur mémoire universitaire de master. Le Prix a évolué d’une année à l’autre : de 2009 à 2012, le Prix s’est de nouveau concentré sur le journalisme écrit, récompensant le meilleur article d’opinion et le meilleur article d’investigation. En 2013, une troisième catégorie a été lancée, celle du meilleur reportage audiovisuel d’information. En 2020, en raison de la pandémie de COVID-19, l'annonce du Prix a été retardée jusqu'au 10 septembre lors d'une émission télévisiée. L'édition 2020 a également vu l'attribution d'un nouveau Prix des étudiants, attribué par des étudiants inscrits dans les universités libanaises et, depuis 2021, par des étudiants inscrits dans des universités du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord.

Depuis la première édition du Prix en 2006, 21 cérémonies ont été organisées et la récompense a été attribuée à 63 journalistes et chercheurs, dont 37 hommes et 26 femmes. Les lauréats comptent des journalistes en exil et d’autres qui ont couru de grands dangers dans l’exercice de leur mission, faisant face à la persécution et aux menaces à leur liberté d’expression et à leur vie.

Trois lauréats ont gagné le Prix à deux reprises, le journaliste libanais Habib Battah en 2006 et 2011, le journaliste irakien Asaad Zalzali en 2017 et 2018 et le journaliste syrien Ali Al-Ibrahim en 2019 et 2026. Le Prix a été attribué à 19 reprises à des lauréats égyptiens, 16 fois à des lauréats syriens, 10 fois à des lauréats libanais, six fois à des lauréats palestiniens, quatre fois à des lauréats irakiens, trois fois à des lauréats tunisiens, deux fois à des lauréats marocains, ainsi qu’à un lauréat libyen, jordanien, algérien et yéménite.

Chaque année, un jury composé de sept personnalités de nationalités et de parcours différents. Le jury compte quatre membres du monde arabe et trois de pays membres de l’Union européenne. Les jurys ont regroupé des journalistes, professionnels des médias, défenseurs des droits de l’homme, chercheurs, militants de la société civile, et anciens officiels politiques reconnus pour leur contribution dans la promotion des droits de l’homme.

Le Prix Samir Kassir est ainsi devenu la récompense la plus prestigieuse dans le monde du journalisme au Moyen Orient, en Afrique du Nord et dans le Golfe, reconnu mondialement comme l’une des principales distinctions auxquelles aspirent les journalistes.


Composition du jury :


2006 :
 Hassan Balawi (Palestine), Richard Bteich (Allemagne), Ariane Bonzon (France), Walid Choucair (Liban), Perilhou Henri (France), Elias Khoury (Liban), Henri Mamarbachi (Liban), Fouad Naïm (Liban) et Massimo Tommasoli (Italie).

2007 : Tomas Alcoverro (Espagne), Mohammed Ali Atassi (Syrie), Ziyad Baroud (Liban), François Bonnemain (France), Pierre El Daher (Liban), Walid Kassir (Liban), Jim Muir (Royaume-Uni), Hassan Tlili (Tunisie) et Layla Al Zubaidi (Allemagne).

2008 : Jean-Paul Chagnollaud (France), Ghassan El Ezzi (Liban), Carole Habib Kassir (Liban), Alistair Lyon (Royaume-Uni), Delphine Minoui (France), Hazem Saghieh (Liban) et Hani Shukrallah (Egypte).

2009 : Jad Al Akhaoui (Liban), Nora Boustany (Liban), Sari Hanafi (Palestine), Roula Khalaf (Liban), Franck Mermier (France), Monica Prieto (Espagne) et Lamia Radi (Egypte).

2010 : Ahmed Reda Benchemsi (Maroc), Amine Kammourieh (Liban), Birgit Kaspar (Allemagne), Jamal Khashoggi (Arabie Saoudite), Nahida Nakad (France) et Maya Yahya (Liban).

2011 : Samir Aita (Syrie), Rula Amin (Palestine), Neji Bghouri (Tunisie), Mona Eltahawy (Egypte), Dominic Evans (Royaume-Uni), Maroun Labaki (Belgique) et Najib Khairallah (Liban).

2012 : Lamis Andoni (Palestine), Lasaad Ben Ahmed (Tunisie), Gabriel Deek (Liban), Anne-Marie El Hage (Liban), Hisham Kassem (Egypte), Lorenzo Trombetta (Italie) et Saad Tazi (Maroc).

2013 : Shirine Abdallah (Liban), Geraldine Coughlan (Royaume-Uni), Philippe Dessaint (France), Ghazanfar Ali Khan (Inde), Sami Moubayed (Syrie), Diana Moukalled (Liban) et Samia Nakhoul (Liban).

2014 : Ghaith Abdul Ahad (Irak), Sanaa El Aji (Maroc), Hind Darwish (Liban), Marc Marginedas (Espagne), Laila El Raiy (Egypte), Christoph Reuter (Allemagne) et Marc Saikali (France).

2015 : Nada Abdel Samad (Liban), Christophe Ayad (France), Sahar Baassiri (Liban), Magnus Falkehed (Suède), Mary Fitzgerald (Irlande), Malek Khadraoui (Tunisie) et Rana Sabbagh (Jordanie).

2016 : Khalil Abdallah (Palestine), Frédéric Domont (France), Fatemah Farag (Egypte), Sanaa El Jack (Liban), Natalie Nougayrède (France), Alberto Toscano (Italie) et Michael Young (Liban).

2017 : Yassir Mani Benchelah (Algérie), Martin Chulov (Australie), Mark Daou (Liban), Alfred Hackensberger (Allemagne), Michel Hajji Georgiou (Liban), Amina Khairy (Egypte) et Isabelle Lasserre (France)

2018 : Adnan Hussein (Irak), Khairallah Khairallah (Liban), Rami Khouri (Jordanie), Leila Shahid (Palestine), Albana Shala (Pays-Bas), Benoît Thieulin (France) et Aidan White (Royaume-Uni).

2019 : Fadi El Abdallah (Liban), Ammar Abd Rabbo (Syrie), Baria Alamuddin (Liban), Sofia Amara (Maroc), Thanassis Cambanis (Grèce), Alessio Romenzi (Italie) et Biljana Tatomir (Croatie).

2020: Bakhtiar Amin (Irak), Thijs Berman (Pays-Bas), Sam Dagher (Liban), Farouk Mardam Bey (Syrie), Bessma Momani (Jordanie), Audrey Pulvar (France) et Cecilia Uddén (Suède).

2021 : Matthew Caruana Galizia (Malte), Kim Ghattas (Liban), Jesper Højberg (Danemark), Shada Islam (Belgique), Mahdi Jelassi (Tunisie), Daoud Kuttab (Palestine) et Amira Al-Sharif (Yémen).

2022: Ludovic Blécher (France), Nassera Dutour (Algerie), Elham Fakhro (Bahreïn), Pavla Holcova (Tchéquie), Safaa Saleh (Egypte), Randa Slim (Liban), Antonio Zappulla (Italie).

2023: Madi Al-Khamees (Koweït), Monika Lengauer (Allemagne), Patrick Leusch (Belgique), Afrah Nasser (Yémen), Nayla Razzouk (Liban), Eduardo Suárez (Espagne) et Asaad Al-Zalzali (Irak).

2024: Rima Abdul Malak (France), Iason Athanasiadis (Grèce), Abdullah Baabood (Oman), Lars Boering (Pays-Bas), Taghreed El Khodary (Palestine), Rana Khoury (Liban) et Bayan Al Tall (Jordanie).

2025: Ali Amar (Maroc), Antoine Haddad (Liban), Mina Al-Oraibi (Irak), Jean-Pierre Perrin (France), Paul Radu (Roumanie), Natalia Sancha (Espagne) et Lina Sinjab (Syrie).

 

2026: Monika Borgman (Allemagne), Aida Kaisy (Irak), Daisy Mohr (Pays-Bas), Farea Al-Muslimi (Yémen), Alex Rowell (Royaume-Uni), Nabil Wakim (France) et Hanene Zbiss (Tunisie).

Règlement

Les candidats doivent soumettre un article d’opinion, un article d’investigation ou un reportage audio-visuel d’information sur un sujet traitant de l’Etat de droit, les droits de l’homme, la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption, la liberté d’expression, le développement démocratique et la participation citoyenne.

Le concours est ouvert aux journalistes ressortissants des pays suivants :

Algérie, Arabie Saoudite, Bahreïn, Egypte, Emirats Arabes Unis, Irak, Jordanie, Koweït, Liban, Libye,  Maroc, Oman, Palestine, Qatar, Syrie, Tunisie et Yémen.

 

L’article soumis doit avoir été publié dans un organe de presse d’un des pays cités ci-dessus ou d’un des Etats membres de l’Union européenne : Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Chypre, Croatie, Danemark,  Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République tchèque, Roumanie, Slovaquie, Slovénie et Suède.

 

Le reportage d’information audiovisuel doit avoir été diffusé sur une chaîne de télévision hertzienne, numérique ou en ligne, dans un des pays cités ci-dessus ou un des pays membres de l’Union européenne.

 

L’article ne doit pas dépasser les 25 000 signes. Il doit avoir été publié entre le 16 mars 2025 et le 15 mars 2026.

Le reportage ne doit pas dépasser les 7 minutes. Il doit avoir été diffusé ou mis en ligne entre le 16 mars 2025 et le 15 mars 2026.

 

Le gagnant de chacune des trois catégories remportera un prix d’un montant de 10 000 €.

 

La sélection sera effectuée par un jury composé de journalistes et de professionnels des médias des pays indiqués ci-dessus.

 

Les membres du jury, le personnel de l’Union européenne, le personnel et les membres de la Fondation Samir Kassir sont exclus du concours.

Inscription

Pour déposer leurs candidature en ligne, les candidats devront fournir les éléments suivants :

  1. Les informations personnelles, qui seront traitées conformément au Règlement général sur la protection des données de l'Union européenne.
  2. L’intégralité de l’article publié en version originale, et une version traduite en anglais (une traduction sur Google Translate ou toute autre traduction automatique sera refusée) ou le lien vers la version originale du reportage audiovisuel d'information avec sous-titres en anglais et/ou une traduction ou description en anglais du reportage.
  3. Une preuve de la publication ou de la diffusion (copie originale de l'article, ou lien vers l'article ou la vidéo, ou photocopie de l’article publié, ou une lettre prouvant l’authenticité de la publication/diffusion, signée par le responsable du média ou son représentant).
  4. Un CV.


Trois prix seront décernés :

  • Meilleur article d’opinion
  • Meilleur article d’investigation
  • Meilleur reportage d'information audiovisuel

Le dossier complet doit être envoyé au plus tard le 1er avril 2026.
Tout dossier incomplet ne pourra être considéré comme recevable.

Gagnants

Fatima Ahmad

Syrie 
Syrie
Article d'opinion

Ahmad Al-Agha

Palestine 
Palestine
Article d'opinion

Maria Talal Al-Samarrai

Irak 
Irak
Article d'investigation

Ali Al-Ibrahim et Mais Katt

Syrie 
Syrie
Article d'investigation

Antoni Barakat

Liban 
Liban
Reportage audiovisuel d'information - Prix des étudiants

Badar Salem

Palestine 
Palestine
Article d'opinion

Marina Milad

Egypte 
Egypte
Article d'investigation

Khalil Alashavi

Syrie 
Syrie
Reportage audiovisuel d'information

Abdelrahman ElGendy

Egypte 
Egypte
Article d'opinion

Hadeel Arja

Syrie 
Syrie
Article d'investigation

Aseel Sariah

Yémen 
Yémen
Reportage audiovisuel d'investigation

Mohammed Abu Shahma

Palestine 
Palestine
Prix des étudiants

Inas Hakky

Syrie 
Syrie
Article d'opinion et Prix des étudiants

Mahmoud Elsobky

Egypte 
Egypte
Article d'investigation

Mohamad Chreyteh

Liban 
Liban
Reportage audiovisuel d'investigation

Ezzat Alkamhawi

Egypte 
Egypte
Article d'opinion

Safaa Khalaf

Irak 
Irak
Article d'investigation

Iman Adel

Egypte 
Egypte
Reportage audiovisuel d'investigation

Rukaia Al-Abadi

Syrie 
Syrie
Prix des étudiants

Fatima Othman

Liban 
Liban
Prix des étudiants

Yehya Al-Yaqoubi

Palestine 
Palestine
Article d'opinion

Sultan Jalabi

Syrie 
Syrie
Article d'investigation

Hoda Zakaria et Mennatullah Hamdy

Egypte 
Egypte
Reportage audiovisuel d'investigation

Hammadi Lassoued

Tunisie 
Tunisie
Reportage audiovisuel d'investigation

Rim Ben Rjeb

Tunisie 
Tunisie
Article d'opinion

Mostafa Abu Shams

Syrie 
Syrie
Article d'investigation

Dalal Mawad

Liban 
Liban
Reportage audiovisuel d'information

Kamal Ayash

Irak 
Irak
Prix des étudiants

Roger Asfar

Syrie 
Syrie
Article d'opinion

Ali Al-Ibrahim

Syrie 
Syrie
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